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Didier: L’appel du voyage ................................................... Haut de page 5

La première fois que j’ai mis les pieds dans un aéroport, j’ai été pris d’une intense émotion..
Assis à attendre l’avion, j’ai vu se croiser devant moi en quelques minutes tant de gens de tant d’origines différentes. C’est comme si le monde entier défilait devant moi, en un court instant fugace.

Dans ma tête, les images se bousculaient. Je me prenais à imaginer l’endroit d’où venait chaque passant, les couleurs, les sons, les odeurs de son « chez lui »…
Une impérieuse envie naissait insidieusement d’aller voir de près ce qu’il en était réellement là-bas, de l’autre côté du monde.

Puis il y a cette carte du monde que j’ai épinglée au mur, dès la fin des années 1970.
Elle me suivait, de déménagemnt en déménagement, de maison en appartement.
Ce monde si vaste tenait sur un poster plié en 8.

Depuis, chaque fois que je passe dans un aéroport, le même effet se reproduit, une sorte de vibration, de transe et de bien-être à côtoyer les citoyens du monde entier.

Il y eut ensuite ces voyages qui marquent de leur empreinte indélébile : les parcs américains, Mexique, Guatemala. Puis une soif des grands espaces de montagne lors d’expéditions répétées au Népal et au Ladakh.

Un soir de notre voyage de noces en Indonésie, nous contemplions en silence le disque rougeoyant du soleil plongeant dans la mer dans une gerbe de reflets dorés. Nous nous sommes dit ce soir là qu’il « faudrait revenir dans ce pays avec nos enfants ». C’était un rêve bien sûr, mais le virus était inoculé. Ce rêve nous poursuivait régulièrement. Il réapparaissait au détour d’une photo de voyage, au son d’une musique « d’ailleurs », et même à simplement humer les effluves alléchantes d’un repas thaï ou chinois. De temps en temps, nous reparlions de cette promesse comme d’un projet tellement lointain, mais sans jamais tracer une croix dessus : la flamme brûlait toujours.

Notre vie s’est agrandie. Romane nous a rejoints en 1997, puis Camille, suivie de Sébastien et de Noam.

Et l’idée du voyage est toujours là, malgré les nuits sans sommeil, les angoisses et les cheveux gris.

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Sandrina: L’appel de la différence ....... Haut de page 5

Depuis toujours, je suis plongée dans la “différence” : tout d’abord, celle de la petite dernière d’une famille nombreuse, née plus d’une décennie après ses aînés et, qui plus est, en Belgique alors qu’eux, les veinards ont tous les 3 vu le jour au cœur de l’Afrique dans des lieux aux noms impossibles à retenir …Enfance bercée par les récits de leur vie en pleine brousse, en autarcie avec les quelques Belges du « poste » : cultures de bananes et d’ananas, trajets épiques sur des pistes en terre pour rejoindre la 1 ère ville à 3 jours de route, ravitaillement par camion tous les 15 jours … toutes ces images tissent mes rêves enfantins mais aussi d’horribles cauchemars de serpents, d’araignées et de colonies de fourmis mangeuses d’hommes !! Qu’est-ce que je les ai enviés, 10 ans d’une aventure que je n’ai même pas connue. Le virus est inoculé : un jour, moi aussi, je partirai …

Puis, les événements s’accumulent : mes parents achètent une vieille ferme dans les Hautes Fagnes et je passe mon enfance à arpenter le village tellement reculé à l’époque. Je découvre et participe à un mode de vie très différent de mon quotidien de citadine, proche de la nature, des saisons, des traditions … et en tombe amoureuse. Mes racines plongent profondément dans la terre rouge de cette région. J’affectionne tout particulièrement les fabuleuses balades à la découverte des Fagnes, ce haut plateau aux allures de steppe et encore tellement sauvage dont la palette de couleurs et de charme varie au gré des saisons. Face à ces horizons infinis, grisée par la bise et les hurlements du vent, je m’imagine alors en aventurière partant pour une longue traversée …. Un puissant frisson m’envahit intérieurement, que j’aime cette sensation !

Au cœur de mon enfance, mes 3 frères et sœur quittent la maison et vont élire domicile au Zaïre, dans les tréfonds de l’Ouest américain … Douloureuse rupture pour celle qui doit rester … Bien sûr, je les rejoins plus d’une fois et découvre avec plaisir leur vie à l’autre bout du monde. Mon frère aîné me fait le cadeau d’un merveilleux safari dans un parc proche de Goma … Images de fabuleux levers de soleil, seuls face à l’immensité du paysage et précédés par les antilopes qui volent littéralement devant notre véhicule tous terrains … vision aussi des marchés colorés et surpeuplés en plein cœur de Kinshasa, des taudis dans lesquels des familles entières s’entassent. Je suis touchée, un autre appel s’inscrit peu à peu en moi, celui de la découverte des hommes et des femmes du monde, dans toutes leurs différences. Comment les rencontrer, les aider ?

J’oriente donc des études de gestion (très mal choisies) vers le développement de projet dans les pays du tiers monde. J’y consacre d’ailleurs mon mémoire de fin d’études.

Et toujours, les voyages sont là, proches ou lointains, ils jalonnent ma jeunesse : Italie, Espagne, Iles grecques, Afrique du Nord, Turquie … peuplés de rencontres diverses mais dont je sors toujours avec ce goût de trop peu au niveau d’une rencontre plus profonde de l’Autre qui s’inscrit dans la durée, exige d’avoir et de prendre du temps.

Rencontre décisive s’il en est, celle de l’homme !

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2. Pourquoi avons-nous décidé de partir ? ........................ Haut de page 5

Je me suis souvent posé la question. Est-ce une fuite, un abandon d’une condition à laquelle je souhaite me soustraire ? Une échappatoire pour ne pas faire face à la vie que je mène ?. Non ! Au contraire, il nous faudra à Sandrina et à moi bien du courage pour abandonner un travail apprécié, une vie bien rythmée, et des habitudes confortables, pour nous lancer dans l’inconnu.

Les sirènes crient autour de nous : « Et après , quand vous reviendrez, peut être ne trouverez vous pas de travail. N’hypothéquez vous pas la scolarité des enfants ? Ne prenez vous pas de risques inconsidérés ? Ne faites vous pas passer votre désir personnel avant votre responsabilité de parents ?»

Sommes nous complètement inconscients, et trop confiants dans ce que le futur nous réserve ?.

Je ne le pense pas.

D’abord, je pense que l’expérience humaine que nous allons vivre sera inoubliable pour chacun d’entre nous. Chacun en tirera ses propres enseignements, à sa façon, selon son âge et sa vision. Mais aucun ne s’en tirera inchangé.

Je me remémore souvent le livre de Jules Vernes « Deux ans de vacances », où un groupe d’ado’s restent deux ans en voyage, malgré eux et reviennent transformés, mûris.

Bien sûr, je ne m’illusionne pas trop. Les lectures de nombreux carnets de globe-trotteurs familiaux nous enseignent qu’il y des moments très forts à venir, mais il y aura aussi des moments de découragement, de doutes et de tensions. J’y suis prêt.

Par ailleurs, je polis ce rêve comme un galet brillant depuis des années. De loin en loin, lorsque nous en parlions, Sandrina et moi sentions la flamme toujours allumée. Il est devenu temps de l’attiser.

Par ailleurs, un événement anodin m’a définitivement convaincu du bien-fondé de notre décision.

Il y a quelques mois, notre aînée Romane, voyant des adultes réagir avec irritation à des farces, nous lance la sentence suivants : « oh là là, ces adultes, ils ont perdu l’enfant qui était en eux ». Ces mots ne sont pas loin de ceux de Saint Exupéry dans le Petit Prince.

Cette anecdote a joué un véritable rôle de révélateur pour moi : et si moi aussi j’avais perdu la capacité de vivre mes rêves. Serais je devenu tout simplement « vieux, irritable et ennuyant » ? C’est peut être déjà le cas. Alors, secoue toi mon bonhomme, on part.

 

Puis tout le reste n’est qu’un fatras d’obstacles matériels. Oh bien sûr, il y en a des obstacles et des freins, bien réels. Disons le tout court : il y a beaucoup plus de bonnes raisons de ne pas se lancer dans ce voyage que de raisons de le faire. Mais voilà, le mot raison n’a pas sa place ici. C’est l’émotion qui parle, le cerveau droit, le féminin en moi qui prend le dessus (une fois n’est pas coutume) et m’aide à balayer tous les arguments bien étayés . nous partons quand même.

Ensuite, les enfants nous encouragent, depuis 3 ans que nous avons parlé du projet. Au début, cela ne signifiait pas encore grand chose pour eux. Mais aujourd’hui, ils cherchent eux-mêmes de la documentation sur les destinations. Chacun a pu proposer SA destination, où nous irons.

Le planisphère est étalé au mur et les punaises de couleur se placent et se déplacent au gré des découvertes.

 

Aujourd’hui, les enfants ne suivent plus, ils précèdent. Ils posent des questions régulièrement. Ce voyage devient leur voyage. Leur classe pourra les suivre sur internet. Leurs animateurs à l’école se prennent au jeu. Camille a décidé d’envoyer par la poste tous les mois un objet surprise à sa classe. Romane cherche à faire un journal de bord : la web cam nous permettra de leur parler en direct.
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Qui sommes-nous ? ....................................... Haut de page 5

La famille :

Nous formons une famille de 6, avec 4 enfants, et vivons depuis 2 ans dans un petit village du Brabant Wallon, à proximité de la ville universitaire de Louvain la Neuve. Nous avons trouvé ici une maison de nos rêves : une longère datant de 1860, nichée au milieu d’un grand jardin arboré. Les enfants y coulent des jours formidables à jouer dans les champs, à cueillir des fruits et à construire des cabanes. C’est une maison où voisins et amis entrent et sortent à tout bout de champs. Il y a sans arrêt de l’animation, des cris et des rires. Aujourd’hui, nous quittons tout cela pour partir en voyage.

Le plus dur, ce ne sera pas de quitter ce petit monde merveilleux, mais d’y laisser pour 9 mois notre chien Yanko, la chatte Lola et les mandarins dans leur cage.

Didier :

43 ans. Homme de marketing et de communication, j’ai consacré mes 20 premières années de carrière à construire de l’image et du rêve pour les clients de diverses sociétés. C’est il y a trois ans que j’ai décidé de me consacrer à mes propres rêves : tout d’abord, donner une vraie utilité à mes compétences professionnelles en travaillant pour une société oeuvrant dans le diagnostic et le traitement du cancer. Ensuite, concrétiser ce projet longtemps couvé de voyage.

Concret et pragmatique, j’ai établi des listes sans fin d’actions à prendre pour préparer le grand projet.

Passionné de montagne et de randonnées, j’ai déjà pu me frotter à l’Himalaya au Népal et en Inde.

Depuis le début de notre mariage, il y a 12 ans, s’il y a bien un sujet sur lequel nous nous accordons systématiquement, ce sont les voyages. Et ce voyage ci, on l’a imaginé et peaufiné à deux.

Un regret : nous devons éliminer le Bouthan de notre liste de destinations : trop cher.

Une joie : étant photographe amateur, c’est à moi que revient la lourde tâche de fournir le site en photos et vidéos, et je compte bien capturer des moments inoubliables dans mes petites boites noires.

Sandrina : ...

.A compléter

Romane:

J’ai 10 ans et je m’appelle Romane.

Je suis contente de partir autour du monde mais en même temps un peu triste de quitter mes amis et mon école.

Je dévore des livres à longueur de journée et j’aime aussi beaucoup dessiner.

Je suis curieuse de découvrir les habitudes des personnes dans les autres pays du monde.

Fan de nature et de grands espaces, on doit parfois aller me rechercher dans les hautes branches d’un arbre, où je me suis installée pour lire Harry Potter. Ma destination favorite: la Bolivie

Camille : ...

J’ai 8 ans et je m’appelle Camille. J’habite à Vieusart.

J’aime beaucoup les chevaux et je fais du piano à merveille

Ce que j’ai le plus envie de faire dans ce voyage, c’est de la plongée sous- marine.

Acharnée des jeux de société, j’emporterai les jeux les plus chouettes à jouer en famille, et j’aurai toujours un jeu de cartes en poche : cela crée des rencontres…

Ma destination : Tahiti et ses îles .

Sébastien :

7 ans. Je suis toujours pr^t pour une partie de foot ou pour une ballade à vélo. J’aime tout ce qui vole, tout ce qui va vite et qui donne des sensations. Les voyages, c’est super, on vole dans des avions et on file en train ou en bateau. J’aime la nature et les animaux. Mes activités, je les répartis entre le scoutisme et le chant.

Mon plus grand plaisir, partir avec un copain dans les bois, où je disparais une après midi entière et dont je reviens le soir radieux et parfois couvert de bosses. Mon souhait en voyage : voir des kangourous et des dauphins

Noam :

3 ans. Un petit bout d’homme qui arpente la maison avec aplomb et autorité. Dernier des quatre enfants, il se taille sa place à grand cris et en apprenant un peu de chacun de ses aînés. A l’école, il se débrouille pour être le protégé de tout le monde. C’est un concentré d’humour et de câlinerie. Depuis 6 mois, il s’entraine pour être prêt pour partir en voyage : il sait maintenant s’habiller seul, préparer son sac et faire son pic-nic. Il imite à la perfection l’ours en quête de proies. Il n’a peur que d’une chose : les loups.

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3. Le projet prend forme ........................................................... Haut de page 5

Premier test. Les enfants vont-ils apprécier les voyages ? Lors d’un premier voyage en avion, exceptionnellement, le pilote autorise les enfants à visiter le cockpit. Les Wouah succèdent aux Ooh.
Au pilote qui explique à Sébastien (4 ans à l’époque) que c’est grâce à ce levier là que l’avion a décollé, Sébastien lui rétorque « et comment vous allez faire pour le recoller ? ».
La famille est conquise : les voyages en avion, c’est top. Quand repart on ?


Le test majeur, c’est l’été 2006. Voyage vers Montréal, où nous attend la famille de Sandrina.
Ce fut un voyage émaillé de paysages somptueux, d’accueil en gîtes et de rencontres enchantantes.
Depuis lors, nous entendons régulièrement la revendication « Papa et Maman,
nous voulons vivre au Québec »

Début 2007, la formule est enfin prononcée : nous partons en famille autour du monde.

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4. Le thème du voyage : ............................................................ Haut de page 5

Il nous faut maintenant centrer notre voyage autour d’un thème, un fil rouge auquel nous accrocher,
la philosophie de notre geste, qui guidera notre conduite dans la relation à l’Autre.

Nous voyagerons en transports en commun. Nous souhaitons loger dans des conditions nous permettant de rencontrer des gens : gîtes, youth hostels, B&B, chez l’habitant. Dans la mesure de ce que la sécurité permet , bien sûr.

Nous voulons aller à la rencontre des gens, à la rencontre de l’autre, de sa différence et de la richesse qu’engendre cette découverte. Nous souhaitons que nos enfants vivent cette rencontre, prennent la mesure de la différence et de la chance qu’ils ont de vivre dans un environnement aussi protégé et facile à vivre.

Si à travers les rencontres à vivre, il pouvait percoler dans leurs petites têtes blondes que l’essentiel est dans la Relation , dans l’Etre, et pas dans l’Avoir, ce voyage serait un immense succès.

A côté de l’Homme, nous voulons aussi nous remplir les yeux des trésors que Dame Nature a à nous faire découvrir, ces paysages, ces horizons, cette flore et cette faune qui font de la Terre un bijou si précieux et si fragile à la fois. Nous souhaitons voir cette beauté, pour en prendre encore mieux conscience et pouvoir mieux la protéger. Pour cela, nous camperons, nous marcherons et nous arpenterons.

« Bonjour la terre » sera notre maxime : « bonjour » pour la rencontre de l’autre ,
et « la terre » pour la découverte de notre planète.
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Les 20 mots qui déclenchent le calléidoscope des rêves chez nos enfants:

Avion - Voyage - Atlas – Encyclopédie
Chameau - Baleine - Jungle - Traîneau à chiens
Désert - Ile déserte - Civilisations - Barrière de corail
Yourte - Tortue - Dauphin - Dormir sous tente
Kangourou - Montagnes - Banquise - Sac à dos

Lien avec l’école

Trésors pour mon école

La Collection des Objets Surprise de Camille

Le Carnet de Route de Romane

Les expériences de Sébastien

Les rencontres de Noam

Le Journal du Voyage :

Carnet de route, à updater régulièrement

Photos , vidéos :
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